exposition du monastère


 

Salle   1

 

Ouvre l’oreille de ton cœur

Salle   2

 

Une maison pour Dieu et les hommes

Salle   3

 

Une histoire mouvementée

Salle  4

 

Le bois de la vie

Salle  5

 

Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir .... (1 Cor 13,12)

Salle  6

 

Le paradis sur la terre

Salle  7

 

Au nom de la raison

Salle  8

 

L’homme entier

Salle  9

 

Le chemin vers l’avenir

Salle 10 - Partie 1

 

Pour qu’en tout on rende gloire à Dieu

Salle 10 - Partie 2

 

La ville sur le mont

Salle  11

 

Le mouvement est un signe de vie

La salle de marbre

 

La terrasse

 

La bibliothèque

 

L’église abbatiale

 

Kolomanihof

 

Salle 1  back

 

Ouvre l’oreille de ton cœur

 

L’Empire romain s’était usé. Ce n’était plus qu’une question de temps, pour quelle période la ville décadente de Rome pouvait se maintenir au pouvoir.

table symbolisant une communauté sur laquelle on peut lire les trois voeux des bénédictinsLe jeune Benoît quitta Rome, parce qu’il était répugné par l’immoralité de cette ville, et se retira comme ermite dans les montagnes de Subiaco. Pas à pas, il suivit son chemin pour faire l’expérience de Dieu: la solitude de la caverne, la rencontre avec les hommes qui lui demandaient conseil. Graduellement, il devait apprendre par l’expérience pour pouvoir reconnaître la volonté de son Dieu. Des légendes décrivent sa vie, sa règle monastique illustre comment il se développa d’un ascète rigoureux vers un père de moines sage. En l’an 529 après Jésus-Christ, le monastère de Mont-Cassin fut fondé.

la Règle de Saint Benoît la plus ancienne de l'abbaye - manuscrit, fin 11e/ début 12e siècleBenoît mourut vers le milieu du 6e siècle. Jusqu’à la fin de sa vie, il écrivit sa règle monastique que deviendrait  la règle du haut moyen âge.

Dans son monastère, Benoît fonda une école pour le service de Dieu: Comme il chercha lui-même Dieu pendant toute sa vie, ses moines devaient aussi tout d’abord essayer de connaître la volonté de Dieu. Pour Benoît, le critère le plus important pour un bon moine est que celui-ci cherche Dieu vraiment.

Salle 2 back

 

Une maison pour Dieu et les hommes




 

salle 2 avec vue sur salle 3salle 2 avec vue sur salle 1L’empereur du Saint Empire romain germanique avait confié la «marche de l'Est» à la famille Babenberg pour protéger l’Empire allemand contre l’Est, une zone d’insécurité. Melk était l’une des résidences principales des Babenbergs qui agrandissaient progressivement la «marche de l'Est» vers le nord et vers l’est. 

Au moment où il devint clair que Vienne serait le nouveau centre de la «marche de l'Est», Léopold II fonda en 1089 un monastère bénédictin à Melk dont Léopold III assura la survie financière en lui donnant des paroisses et des propriétés situées à la périphérie de la marche (v. document de donation, 1113). Certes, les Babenbergs souhaitaient que l’on priait au tombeau de leurs ancêtres à Melk, mais probablement, ils reconnaissaient aussi le pouvoir culturel et missionnaire de la règle de Saint Benoît.

 

cassette en ivoire du 15e siècleL’abbaye doit d’importants reliques et trésors d’art aux Babenbergs: le corps de Saint Coloman, un fragment de la Sainte Croix et un autel portatif. La légende du vol de la croix de Melk que fut retrouvée dans l’abbaye des Écossais à Vienne démontre que Melk était devenu province et que Vienne était alors le centre de la «marche de l'Est». Pourtant, elle illustre aussi l’importance du monastère de Melk, car la croix revint finalement à Melk.

autel portatif de Swanhilde, 11e siècle

 

Salle 3  back

 

Une histoire mouvementée

 

salle 3 avec vue sur les salles 2 et 1calice gothique en or du Danube

Dans la salle 3, les hauts et les bas de la vie et de l'histoire sont représentés.

L’abbaye de Melk fut fondée à l’époque de la Querelle des Investitures et connut une période de grande prospérité après le concordat de Worms (1122). Mais le déclin suivant de la papauté alla de pair avec la dégradation de la situation dans les monastères.

L’un des résultats du Concile de Constance (1414-1418) était une réforme pour les monastères autrichiens dont le point de départ fut Melk: d’où le nom «Réforme de Melk» (15e siècle). On voulait retourner à une observance stricte de la règle de Saint Benoît en mettant l’accent sur l’ascèse et la discipline.

Au 16e siècle, la Réforme protestante toucha aussi l’Autriche et ses monastères qui se trouvaient au bout de la fermeture. Mais à la suite de la Paix de Religion d’Augsbourg (1555), les Habsbourgs lancèrent la Contre-Réforme. Sous peu, Melk redevint un exemple de la discipline monastique. Cet essor s’exprima surtout par la grande reconstruction de l’abbaye en style baroque. (1701-1736).


 

Salle 4  back

 

Le bois de la vie

 

crucifix en style roman tardif

Nous vivons dans ce monde, nous faisons l’expérience des hauts et des bas de la vie, nous connaissons des situations et temps qui changent toujours.

Nous vivons dans ce monde de la naissance jusqu’à la mort: entre elles, notre vie se déroule, il y a les joies et les peines, les réussites et les échecs, l’amour et la haine, le début et la fin.

Et il y avait un homme: Il est né comme nous, il a vécu comme nous et il connaissait aussi les hauts et les bas de la vie: le Fils de Dieu, Jésus-Christ. Il nous a fait comprendre que cette vie n’était pas tout, que nous devions mourir, mais que nous ressusciterions pour avoir une nouvelle vie. L’amour de Dieu s’exprime clairement par sa mort sur la croix. Nous faisons partie de la mort, mais aussi de la résurrection et de la nouvelle vie.

Nous T’adorons, Seigneur Jésus-Christ, et nous Te louons. Car par Ta Sainte Croix u as sauvé le monde.

Salle 5  back

 

Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir .... (1 Cor 13,12)

 

salle des glaces avec impressions baroques salle des glaces avec impressions baroques

détail de l'"Ostensoir Amalie", un cadeau de l'impératrice veuve Wilhelmine Amalie

Pendant l’époque de la Contre-Réforme, l’Église catholique avait repris des forces. Elle continuait d’être une institution très forte, mais il y avait aussi une foi intérieure très intensive qui soutenait cette institution de manière vive et profonde. On croyait fermement que Dieu était un Dieu vivant. Puisqu’on voulait descendre ce Dieu vivant à la Terre, on lui construisait de grandioses «salles d'audience» où les hommes louaient et glorifiaient Dieu en présentant leurs demandes et désirs et où ils le remerciaient aussi. Rien n’était assez beau ou assez magnifique; une grande joie et une piété pure cherchaient une expression adéquate. Tout brillait, l’homme se reflétait dans un monde beau et puisait son contentement profond dans la foi. Et cette foi lui donnait de l’appui et de la force. «Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face.» (1 Cor 13, 12) 

Salle 6  back

 

 Le paradis sur la terre

 

habit sacerdotal de l'abbé Dietmayrtrésors baroquesAu 17e siècle, l’Église autrichienne s’était fortifiée. Seulement de telle façon, elle était en mesure de détourner le grand danger turc (siège de Vienne, 1683). Une foi très vive avait comporté de la force et pouvait s’épanouir après son épreuve. Les hommes de cette époque étaient contents de savoir que leur Dieu était proche d’eux. Puisqu’ils connaissaient aussi les peines humaines et devaient aussi les supporter, ils essayaient d’assaillir leur Dieu: Avec une piété presque physique, ils cherchaient à faire pénitence des leurs propres fautes et à obtenir bénédiction et assistance (confréries, culte des reliques, pèlerinages). De telle manière, les hommes avaient quelque chose qui leur donnait un appui.


habit sacerdotal de l'abbé Dietmayrdétail de l'habit sacerdotal pour les funéraillesLes monastères étaient devenus des centres fondamentaux de la vie spirituelle, ecclésiastique et culturelle: les sciences et l’art prospéraient. Il en résulta un art qui était très humain d’une part: Il prenait plaisir à l’éclat, à la grande forme, à la couleur, en principe à tout ce qui était beau et bon. D’autre part, cet art avait l’intention de correspondre, dans sa splendeur, à celui et de glorifier celui qui était le centre vivant de la vie de ces hommes.

Salle 7  back

 

Au nom de la raison

 

Tandis que la gaieté baroque était à l’origine de grandioses œuvres d’art et l’homme s’accrochait, dans les hauts et les bas de sa vie personnelle, à son Dieu avec une foi profonde qui s’exprimait parfois de manière très humaine, un nouvel esprit provenant de l’ouest gagna l’Autriche: le rationalisme et la philosophie des lumières commencèrent leur marche triomphale.modèle d'un cercueil réutilisable de l'époque de Joseph II

La piété profonde, parfois même très physique, devenait suspect aux yeux de beaucoup d’hommes qui réfléchissaient sur cela (p.e. culte des reliques). Il y avait des excès dans la piété populaire, souvent aussi l’ascèse exagérée et déraisonnable dans les monastères. Certains entrèrent seulement au couvent pour avoir un avenir assuré. Ces pratiques furent remises en cause par le nouveau courant qui était déjà perceptible sous Marie-Thérèse (1740-1780) et qui s’imposa sous son fils Joseph II (1780-1790) – d’où le nom de joséphisme pour ce mouvement en Autriche. Ce nouveau courant intellectuel ne tenait pas compte de certaines valeurs humaines. Pourtant, il éclairait aussi considérablement quelques obscurités. Beaucoup de valeurs positives de ce développement entraînèrent de grands progrès, mais il y avait aussi d’importants domaines qui furent négligés.

La raison et la foi, la combinaison, le juste mélange des deux: Voilà un chemin praticable pour notre vie humaine.

Salle 8  back

 

L’homme entier

 

détail du groupe de sculptures "L'Homme Entier"De nouveau, l'accentuation d'un seul aspect, cette fois-ci de la raison humaine, provoqua des processus qui devraient partager un tout. L'homme se compose de tant de domaines qui sont tous importants. La foi à l'interieur céda devant une organisation ecclésiastique rigoureuse qui n'était pas en mesure de resister á un monde toujours plus athée et sécularisé. Ces pensées pénétrèrent profondément dans les monastères autrichiens qui n'étaient pas tous fermés, à la différence du développement en Allemagne. En Autriche, le nombre des monastères fut réduit, mais beaucoup d'entre eux continuèrent à exister.

 

 

groupe de sculptures contemporain en terre cuiteLe 19e siècle dans les monastères autrichiens était marqué de l’empreinte d’une attitude fondamentale profondément libérale, les moines étaient devenus des «seigneurs monastiques». Lentement et avec de grandes difficultés, une nouvelle vie se développa dans les monastères. Il était devenu clair qu’une foi vive devait concerner la raison et le cœur de l’homme, que la foi à l’intérieur devait constituer la base de l’institution, que ce n’étaient pas les domaines individuels de l’homme qui comptaient, mais l’homme entier. Cet homme entier, avec ses joies et ses peines, vit de la foi, remplit ses tâches, agit dans le domaine culturel et est conscient de ses rapports économiques et sociaux. Il connaît ses limites, il sait qu’il n’est pas encore arrivé à sa destination, mais il se voit en chemin vers celle-ci. Il s’ouvre à son Dieu.

En 11 pas, une figure humaine paraît graduellement dans cette salle. Le douzième pas, c’est l’homme entier, c’est-à-dire le visiteur.

Salle 9  back

 

Le chemin vers l’avenir

 

l'autel en style gothique tardif peint par Jörg Breu (1502) avec la croix créée par Arnulf Rainer (1966)Par la révélation de l’Ancien et du Nouveau Testament nous savons qu’il y a un Dieu, qu’il est  l à  , qu’il vit, qu’il est proche des hommes. Par Jésus-Christ, il est clair que ce Dieu est un Dieu miséricordieux qui accompagne les hommes sur leurs chemins, qui leur est proche dans les joies et les peines, qui leur donne toujours un nouveau début. L’Église prêchait cette bonne nouvelle pendant des siècles et le fait encore. Il y avait et il y a des voies justes et des voies fausses, des temps de bonheur et de malheur. Mais toujours, on se rendait compte du suivant: Dieu est un Dieu de la vie, un Dieu qui veut le salut de l’homme, qui l’accompagne et qui ne l’abandonne pas. Jörg Breu (1502) et Arnulf Rainer (1966): moyen âge et présent, hier et demain. Depuis 900 ans, la communauté des bénédictins à Melk est sur son chemin. Les moines suivent le chemin que Dieu leur montre. C’est le chemin de la foi qui cherche Dieu dans le quotidien de la vie et que cette communauté s’efforçaient et s’efforce de vivre depuis 900 ans.

"L'Annonciation" "La Fuite en Egypte" "Jésus à l'âge de 12 ans au temple" "Le baiser de Judas" "Jésus devant le grand prêtre Caiphe" "Le Couronnement d'Épines" "L'Ecce Homo" - Pilate montre Jésus au peuple "Pilate se lave les Mains dans l'Innocence"

Salle 10 – Partie 1  back

 

Pour qu’en tout on rende gloire à Dieu

 

Dans le chapitre de la règle de Saint Benoît sur les artisans du monastère (RB 57), on peut lire: Dans le monastère, tout doit se passer d’une certaine façon «pour qu'en tout on rende gloire à Dieu», donc aussi en ce qui concerne les intérêts profanes de l’abbaye.

Le 21 mars 1089, la vie bénédictine commença à Melk, avec la prière et le travail (ora et labora). Les Babenbergs avaient fondé un monastère dans le château fort où se trouvait la dernière demeure de leurs ancêtres et ils l’avaient doté des bases de l’existence: propriétés foncières et privilèges féodaux.

marteau et truelle utilisés lors de la pose de la première pierre du bâtiment baroque en 1702Dans l’histoire mouvementée, il y avaient de temps de prospérité économique, mais aussi des crises. Il est frappant que l’économie prospérait pendant des époques d’une vie spirituelle intense et elle stagnait pendant les temps de déclin de la vie monastique.

À l’origine, l’abbaye vivait des revenus des propriétés foncières et n’exploitait qu’une petite partie des ses propriétés. Après l’abolition du système féodal (1848), l’économie dut être restructurée: les loyers des maisons à Vienne et l’exploitation toujours plus intensive des propriétés constituaient la base financière. Ces dernières décennies, les revenus de l’exploitation forestière et de l’agriculture devenaient de plus en plus bas. De nos jours, l’abbaye vit surtout des revenus du tourisme.

Les rendements des efforts économiques servent avant tout à l’entretien du lycée abbatial, à l’entretien des bâtiments abbatiaux ainsi qu’aux restaurations nécessaires dans les 23 paroisses et permettent aussi de remplir d’autres tâches. Dans les différents domaines de l’économie abbatiale, de nombreuses personnes ont trouvé un emploi.


 

Salle 10 – Partie 2  back

 

La ville sur le mont

 

En 529, Benoît de Nursie fonda un monastère à Monte Cassino – sur le Mont-Cassin: c’était la ville sur le mont qui ne peut pas rester cachée. Dans sa règle, il détermina que la communauté monastique devait vivre à un endroit fixe, bien défini et délimité. Les bénédictins ont un vœu particulier, celui de la «stabilitas loci», la promesse de rester sur place.

Par le travail des bénédictins, ces monastères avec une église, une bibliothèque, une aile pour les hôtes ainsi que des pièces où travaillent et habitent les moines devenaient bientôt des constructions d’une haute valeur artistique.

détail d'un coffre-fort À Melk, on construisit, au lieu du château fort des Babenbergs, très tôt un bâtiment roman qui fut plus tard remplacé par un monastère gothique. L’abbé Berthold Dietmayr (1700-1739) commença avec la construction baroque que nous connaissons aujourd’hui. Tout en sachant ce qu’il voulait atteindre, l’abbé procéda très prudemment. De telle façon, il parvint à construire l’abbaye entière dans un seul style. Tous les bâtiments précédants furent détruits pour pouvoir réaliser une nouvelle construction baroque homogène.

D’abord, on entendit seulement «baroquiser» l’église, mais sous peu, une reconstruction complète fut envisagée (projet d’une nouvelle construction). Après avoir achevé le gros œuvre de l’église, on commença à reconstruire, par étapes, tous les bâtiments abbatiaux d’après un nouveau plan de construction (à partir de 1711). La décoration intérieure de l’église fut réalisée à la fin.

Jakob Prandtauer et, après sa mort, Joseph Munggenast étaient les maîtres d’œuvres, Antonio Beduzzi coopéra certainement à l’architecture d’intérieur de l’église.

La réalisation du programme abbaye – parc (correspondance entre l’art et la nature) devint possible après l’achèvement de la construction abbatiale. Aujourd’hui, les deux forment une unité grandiose.


 

Salle  11  back

 

Le mouvement est un signe de vie

 

maquette à l'échelle de 1:100 de Dipl.Ing. Helmut HütterQuand je suis en mouvement, je ne vois qu’un côté, un aspect; certaines choses sont vagues, je ne vois que des fragments et pas le tout.

Quand je suis en mouvement, en chemin, je parviens toujours à de nouvelles rives, je fais la connaissance du monde, des hommes et de moi-même, j’ai toujours un nouveau but.

Le mouvement entraîne inquiétude, mais cette inquiétude me fait courir et ouvre mon cœur.

Le mouvement a un but important. Aussi longtemps que je continue à aller vers ce but, je vois comme dans un miroir, je ne vois que des silhouettes mystérieuses. Quand je parviendrai au but, je verrai face à face. «Aujourd'hui, je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.» (v. 1 Cor 13, 12)

Même si je ne connais pas toute la vérité pendant que je suis en chemin, cette imperfection me montre que je vis encore.

Que je continue à être en mouvement, c’est à cause de l’Esprit de Dieu: C’est l’Esprit qui est la source de la vie

 

La salle de marbre  back

salle de marbre

 

 

La fresque du plafond peinte par Paul Troger en 1731 représente, au centre, sur un char tiré par des lions, Pallas Athéna comme symbole de la raison et de la modération. À sa gauche, on peut voir Hercule qui symbolise la force nécessaire pour vaincre Cerbère, le chien à trois têtes, ainsi que la nuit et les péchés. Pallas Athéna et Hercule évoquent, tous les deux, l’empereur Charles VI qui aimait être célébré comme successeur des empereurs romains en s’attribuant le mythe d’Hercule. Les hôtes devraient voir ici une apothéose de la maison d’Autriche: Le souverain mène le peuple de l’obscurité à la lumière, du mal au bien.

Les inscriptions au-dessus des portes sont des citations de la Règle de saint Benoît. Elles indiquent à quelle fin la salle fut destinée: « Hospites tamquam Christus suscipiantur » (Les hôtes doivent être reçus comme le Christ) et « Et omnibus congruus honor exhibeatur » (Et à tous on rendra les honneurs qui leur sont dus). La salle servit de salle à manger à la famille impériale et à d’autres hôtes distingués ainsi que de salle des fêtes.

salle de marbre: détail de la fresque du plafond peinte par Paul TrogerLes chambranles sont en véritable marbre provenant d’Adnet et d’Untersberg; les murs, par contre, sont en stuc.

La peinture architecturale de la fresque du plafond fut créée par Gaetano Fanti.

 

 

 

La terrasse  back

 

terrasseL’immense terrasse est accessible par la salle de marbre, reliant celle-ci à la bibliothèque.

Du haut de la terrasse, le visiteur jouit d’un magnifique panorama sur la plaine du Danube et sur la ville de Melk.

Sur la façade de l’église abbatiale, on reconnait Saint Pierre et Saint Paul, les deux patrons de l’église et au-dessus du portail les statues de Saint Michel et de l’ange gardien. Entre les clochers se trouve une statue colossale flanquée de deux anges: elle représente le Christ réssuscité.

La bibliothèque  back

 

 
bibliothèqueDans un monastère bénédictin, seule l’église est encore plus importante que la bibliothèque.

La décoration artistique précieuse témoigne de l’estime que les moines ont pour leur bibliothèque. La fresque du plafond peinte par Paul Troger en 1731/32 montre, contrairement aux décors profanes dans la salle de marbre, une représentation symbolique de la Foi. La femme au centre, une allégorie de la Foi, est entourée par quatre groupes d’anges symbolisant les quatre vertus cardinales: la prudence, la justice, le courage et la tempérance. Les quatre statues en bois représentent les quatre facultés de théologie, de philosophie, de médecine et de droit.

détail de la bibliothèque abbatialesphère céleste baroque de Coronelli

 

 

Actuellement, la bibliothèque abbatiale comprend 1.888 manuscrits, 750 incunables (ouvrages imprimés avant 1500), 1.700 œuvres du XVIe, 4.500 du XVIIe et 18.000 du XVIIIe siècle. Avec les livres plus récents, il y a au total environ 100.000 volumes dans les douze salles de la bibliothèque. Ici, dans cette salle la plus grande de la bibliothèque, ce sont à peu près 16.000 volumes classés par sujets: De diverses éditions de la Bible se trouvent dans le rayon I, puis suivent des ouvrages théologiques (rayons II à VII), juridiques (rayon VIII), géographiques et astronomiques (rayon VIIII) et historiques (rayons X à XV) ainsi que des encyclopédies baroques dans le rayon XVI.

 

La petite salle de bibliothèque  back

portail de la bibliothèque abbatialeDans cette salle se trouvent surtout des œuvres historiques du XIXe et du XXe siècle qui témoignent de l’intérêt de cette époque.

L’escalier en colimaçon avec la grille rococo mène à d’autres salles de bibliothèque pas ouvertes au public.

La fresque du plafond peinte par Paul Troger représente une allégorie de la Science.

escalier en colimaçon menant à l'église abbatiale

L’église abbatiale  back

 

 

un chef-d'oeuvre du haut-baroque église abbatiale de Melk

La salle la plus impressionnante de l’abbaye baroque de Melk est l’église abbatiale. D’après la volonté de l’abbé et de la communauté des moines, elle devait rendre clairement visible la fonction religieuse de la construction entière ainsi que son orientation vers Dieu. «ABSIT GLORIARI NISI IN CRUCE» («Loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix»), l’inscription située au-dessus du porche Saint-Benoît, dans la première cour du monastère, est comme un leitmotiv qui continue pendant la visite de l’abbaye jusqu’à l’église dont la splendeur rend transparente la gloire de la croix.

maître-autel de l'abbatiale avec les patrons Pierre et PaulD’abord, les moines envisagèrent simplement une «baroquisation» de l’église abbatiale. Mais à partir de 1701, à l’instigation de l’abbé Berthold Dietmayr, l’église fut complètement reconstruite, d’après les plans de Jakob Prandtauer. L’abbé réussit à engager les maîtres les plus importants en leurs arts pour la décoration intérieure: Antonio Beduzzi (architecture d’intérieur, esquisses pour les fresques), Johann Michael Rottmayr (fresques, tableaux d’autel), Paul Troger (tableaux d’autel), Giuseppe Galli-Bibiena (plans pour la chaire et le maître-autel), Lorenzo Mattielli (plans pour les sculptures) et Peter Widerin (sculptures).

Sur l’autel latéral à gauche, un sarcophage contient les ossements de Saint Coloman. L’autel latéral à droite est consacré à Saint Benoît, mais le sarcophage est vide.

 

vue d'ensemble de l'abbatiale avec l'orguefresque du plafond peinte par J. Michael Rottmayr dans l'abbatiale

le grand orgue de l'abbayeLe point de départ pour l’interprétation de l’église est l’inscription sur le maître-autel, «NON CORONABITUR NISI LEGITIME CERTAVERIT» («on n'est pas couronné si l'on n'a combattu suivant les règles»). Sur le maître-autel, le combat aboutissant à la victoire est symbolisé par le martyre des deux princes des apôtres Saint Pierre et Saint Paul; cette idée se prolonge dans le martyre de Saint Coloman (autel Saint-Coloman) et trouve son expression la plus forte dans la lutte vertueuse du moine représenté par Saint Benoît sur la fresque de la nef. La victoire dans ce combat est d’une part représentée par la grande couronne sur le maître-autel ainsi que par les fresques de la coupole où le ciel s’ouvre et d’autre part par la couronne de laurier représentée au-dessus du moine parfait sur la fresque de la nef.

La restauration de l’église abbatiale qui dura 10 ans et qui fut financée avec l’aide de l’état et du land de Basse-Autriche fut achevée en 1987.

détail de la fresque du plafond peinte par J. Michael Rottmayr, avec la croix de Saint Benoîtdétail de la fresque du plafond peinte par J. Michael Rottmayr - des anges portent les attributs de Saint Benoît: la mitre et la règle avec les premiers mots "ausculta o fili, praecepta magistri" - "Écoute, mon fils, l'enseignement du maître"

 

 


 

Saint Coloman  back

 

 

Selon la légende, Coloman était le fils du roi irlandais et fit le pèlerinage de Jérusalem. En 1012, il souffrit le martyre à Stockerau, près de Vienne, parce qu’il fut soupçonné d’espionnage dans cette région frontalière dangereuse à cause de sa langue et ses vêtements étrangers: il fut capturé, torturé et enfin pendu sur un sureau desséché.

Saint Coloman: sculpture en grès dans la cour Saint-Coloman au moment du crépusculeLes miracles qui se passèrent après étaient à la base de la vénération de Coloman par le peuple. Même le margrave Henri Ier entendait les histoires des miracles et en 1014, il fit transférer la dépouille mortelle de Coloman à Melk et le 13 octobre 1014, il le fit solennellement inhumer dans l’eglise Saint Pierre du château fort de Melk.

Une raison pour le transfert était probablement que les Babenberg voulaient avoir part aux grâces du saint, dans la vie ainsi que dans la mort. Un saint dans la résidence signifiait une sorte de confirmation divine de leur pouvoir conféré par l’empereur et devait contribuer à la consolidation intérieure de leur nouveau domaine de pouvoir. Près du sépulcre de Saint Coloman, les Babenberg purent aussi créer un tombeau digne pour leur famille. L’existence de ces lieux de sépulture était sans doute l’une des causes pour lesquelles Léopold II fit de son château fort une abbaye bénédictine en 1089. Depuis cette époque-là, les bénédictins maintenaient toujours vive la mémoire de Saint Coloman.

Beaucoup d’églises en Autriche, en Bavière ou en Souabe sont consacrées à Saint Coloman. Il était aussi le premier patron de l’Autriche jusqu’en 1663 quand le Babenberg margrave Léopold III le Pieux devint le nouveau patron.

La vénération de Saint Coloman reste vive de nos jours. Surtout dans notre temps où il est devenu difficile écouter l’autre, il peut être considéré comme un saint actuel parce qu’il était un étranger dans un pays étranger que les autres ne comprenaient pas. Qui est différent, qui a l’air différent, qui parle d’une manière différente, éveille les soupçons, fait peur et peut facilement devenir la victime de préjugés.

Saint Coloman est encore le patron de l’abbaye et de la ville de Melk. Chaque 13 octobre, une messe en l’honneur de Saint Coloman est célébrée dans l’abbaye de Melk et le même jour, depuis 1451, la ville de Melk organise la kermesse de Saint